Ce qui m'anime, ce n'est pas vraiment le biscuit. C'est l'émotion qui passe quand quelqu'un le croque : le réconfort, la joie, les souvenirs qui remontent, et le plaisir de le partager avec ceux qu'on aime. Chacun a sa madeleine de Proust ; j'essaie simplement de fabriquer la vôtre.
J'ai appris à pâtisser toute petite, avec ma grand-mère, celle que nous appelions Mamité, sur les recettes de Françoise Bernard. Rien de spectaculaire : un gâteau du dimanche, des sablés qu'on mangeait tièdes, une cuisine qui sentait bon toute la journée. Le gâteau au chocolat a été le premier gâteau que j'ai appris à faire, et ce sont ces souvenirs-là que j'essaie de faire revivre aujourd'hui.
J'ai passé mon CAP pâtisserie en 2022, à 50 ans. C'était ma deuxième reconversion professionnelle : j'avais trouvé le métier qui me permettrait d'exprimer ma créativité. Dans une autre vie, j'aurais sans doute fait de la poterie.
J'ai ouvert L'Atelier Biscuits de Steph dans la foulée du diplôme, et je suis installée à Antony depuis 2024. C'est là que tout se fait : la pâte, la cuisson, les sachets, et la musique à fond pendant que les biscuits sont au four.
J'aurais pu faire de la pâtisserie fine. Mais le biscuit se partage, se garde dans une boîte, s'emporte dans un sac, se croque sans occasion particulière. C'est le plus modeste des gâteaux et c'est celui dont tout le monde a un souvenir.
En discutant avec mes clients, j'ai fini par comprendre que ce qu'ils venaient chercher, au-delà du produit, c'est une émotion. Du réconfort, de la joie, ou simplement le plaisir d'un bon biscuit. C'est cette réaction-là qui me fait vibrer, bien plus que la technique.
Et aujourd'hui, c'est cette émotion-là que j'essaie de mettre dans mes biscuits. Si l'un d'eux vous rappelle un goûter chez votre grand-mère, alors j'ai fait mon travail.
Au fond, tout tient en quelques mots.